Voilà donc que nous commençons à avoir des proportions plus réalistes. De 51 personnes sur les 14 millions de camerounais qui pensent pouvoir diriger le Cameroun, nous en sommes à 21 dont les profils ne manquent pas d’intérêt.

Commençons par les surprises de mauvais goût. Presque des blagues que nous espérons que la cour suprême du Cameroun osera régler. Il s’agit notamment des cas Louis Tobie Mbida et Anicet Ekane. Ces deux candidats ont déposé des dossiers parfaits et sans aucune faille. Le dossier de Louis Tobie Mbida est rejeté pour signature non conforme, parce que non légalisée. Hors, il se trouve que la signature a bel et bien été légalisée par des Officiers de police, dans un commissariat de police qui a effectivement cette compétence. Le cas Anicet Ekane est lui aussi troublant. Il a proposé le même dossier qui l’a valu d’être retenu à l’élection présidentielle de 2004 et aujourd’hui, l’une des pièces du dossiers (le certificat de non imposition mis à jour en plus) est remis en cause. Ces deux candidats en plus ont la particularité de venir de partis politiques plutôt connus et jouissant d’une certaine base politique au Cameroun. Ils ont engagé des recours et il reste donc à espérer que justice sera rendue.

Continuons par les cas de non surprise. D’abord Milla Assoute qui bien évidemment ne pouvait pas être retenu. Il a beau rétorqué qu’il était en exil et de ce fait, ne pouvait légalement être considéré comme n’ayant pas de résidence au Cameroun. Bref, une embrouille de mots et de droit qui ne surprend finalement pas. Lui aussi a introduit un  recours sur lequel, il ne faut pas avoir grand espoir. Christopher Fumunkoh et d’autres sont dans cette situation malgré le fait qu’il aurait été intéressant de les voir dans la course.

Il y’a également plusieurs outsiders dont les candidatures relevaient plus du théâtre que de la vraie politique. Des inconnus d’une telle obscurantisme que les voir sur la course aurait révélé d’un miracle…Mais bon, tout le monde a le droit de compétir et cela n’est pas aussi insensé que cela.

Enfin, les candidats retenus relèvent plutôt de la qualité et le jeu devrait être intéressant pour autant qu’il y’ait un soupçon de transparence.

Sans surprise, Paul Biya est sur les starting-blocks. On le dit fatigué, déconnecté (voir les dernières révélations de Wikileaks, mais surtout la situation actuelle du Cameroun). Il est cependant là, bien déterminé à rester aussi longtemps que possible au pouvoir. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Biya a près de 50 ans de haute administration camerounaise sur lui dont près de 30 ans continue à la tête du Cameroun. Il possède une machine électorale bien ancrée et qui n’hésite pas à débourser des milliards, y compris les fonds de l’Etat pour lui assurer une réélection. Il a également sous sa coupe, ELECAM dont les responsables lui ont juré un indéfectible soutient il y’a quelques temps avant d’être nommés comme “personnalités neutres” à la gestion des élections. Il a enfin une armée prête à tirer sur tout ce qui bouge en cas de contestation électorale, notamment un corps d’élite qu’il a déjà utilisé une fois contre la population en février 2008. Il est donc un solide candidat qui a toutes sortes d’arguments, justes et surtout injustes pour se succéder à lui-même.

Ni John Fru Ndi est retenu sans surprise. C’est le candidat qui n’aurait pas pu être absent même si son parti oublie de renouveler sa direction. Il reste cependant le leader du second principal parti au Cameroun et donc possède une machine électorale au moins capable de le classer parmi les 05, voire 03 candidats au final.

Les autres candidats “classiques” sont là : Adamou Ndam Njoya, Garga Haman Adji, Jean Jacques Ekindi, Fritz Ngo Pierre (qui désormais s’habitue à cette course même s’il n’est pas présent dans la vie politique, etc.).

Les véritables nouveaux sont Esther Ndang, Kah Wallah, Jean de Dieu Momo et Paul Ayah Abine. Des quatre, Kah Wallah est probablement la candidate la plus à surveiller. Depuis un an, elle a réussi un travail de fond sur les dix régions qui lui a permis de se constituer une base sur laquelle elle peut s’appuyer dans son opération.

Il y’a au moins 04 candidats dont il faut retenir les noms : Paul Biya, Kah Wallah, Garga Haman Adji, Ni John Fru Ndi. Le prochain président du Cameroun est dans l’un de ces 04 noms avec la crainte que s’il s’agit du premier, Octobre 2011 n’inaugure un mauvais ciel pour le Cameroun si l’on se réfère aux dernières révélations de Wikileaks qui reprend les propos de quelques thuréfaires du régime et de l’énervement d’une bonne partie des Camerounais.

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